Poetry and the visual arts – Poésie et arts visuels, 04/04/2014, Cambridge


«Jacques Jouet: poésie et monotype», par Geneviève Guétemme, université d’Orléans

ABSTRACT: Jacques Jouet est un poète qui recherche les collaborations ou, comme il l’indique lui-même, les «fortunes identiques» – fortunes qui deviennent visuelles lorsqu’il travaille avec un artiste. En 2005 par exemple, il réalise Optitoh, avec Tito Honnegger, une artiste suisse qui pratique le monotype et construit des objets muraux. La même année il s’attelle, toujours avec elle, à Un Enorme exercice (2008) avant de réaliser Paresse (2010) et Montagneaux (2012). Pour Un Enorme exercice les poèmes sont composés in situ et immédiatement dessinés (complètement ou partiellement) par l’artiste. Le poète réagit alors avec d’autres mots, et ainsi de suite. Pour Montagneaux, Tito Honegger et Jacques Jouet sont partis en montagne, l’un avec un carnet de poèmes, l’autre avec son carnet de dessins et ont réagi, chacun à leur manière, aux mêmes paysages du Val d’Herens valaisan. A chaque fois, ils produisent une écriture mêlée qui recherche, nous dit Jacques Jouet, la même certitude avec des poèmes inventés d’un seul trait et des dessins réalisés avec de l’encre d’imprimerie sur plaque de plexiglas puis transférés, une fois et une seule, sur papier japon. Je propose ici d’observer la part du visuel dans une poésie qui énonce le spectacle de l’atelier et des montagnes par contact, par monotypie. L’idée sera, à partir d’Un Enorme exercice et de Montagneaux, de définir cette approche – indicielle et sans repentir – du poétique. Tout cela me permettra d’aborder la langue et le visuel dans leur capacité à donner au travail de création l’épaisseur d’un corps imprimé capable de représenter le dire, le voir, mais aussi le corps de l’écriture elle-même.

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