carnetsdejlk 18/12/2013


«Poète en partance», par Jean-Louis Kuffer

Enfin le retour, toujours, reste un peu déroutant. On  se sent, tout à coup, comme dépossédé et titubant. Le tas de choses à raconter se volatilise: on se sent un peu con, largué à la lecture, par les journaux, de tout ce qui s'est passé entre temps - que tout ça ait pu continuer d'exister en notre absence ! Mais l'actuelle communication est telle que rien ne nous surprend vraiment en l'aimable platitude de la vie ordinaire retrouvée. Après les vitraux de Bourges ! Altamira ! Les rues de Séville ! L'inscription VIVIR MATA sur les murs de Grenade ! La magie de tous ces noms ! La vie révélée par ces mots !

Or voici que d'autres mots nous attendaient dans un livre reçu, qui relancent aussitôt un nouveau voyage: miracle d'un poème à couleur rouge et noire de Lettera amorosa à la passion perdue. Perte et fracas mais étincelante musique et toute d'aujourd'hui pour dire ce qui remonte à Lascaux. Lancinant comme un blues, enragé d'amour comme un rap. Aussi délicat qu'un Lied. Tout en ruptures de rythmes aussi, comme dans la vie.  Avec cet envoi final: "Demande à la poussière ou ne demande pas, mais exige tout de l'amour, toujours, tout".

Et qui nous embarque ainsi pour une nouvelle équipée ? Le dénommé Flynn Maria Bergman, sur son vaisseau de papier Fiasco FM...