20h46. HYPOTHÈSE


20h46. Hypothèse: Le carburant du livre d'artiste est «le troisième secteur».
Rappel historique. C'est au mathématicien oulipien François Le Lionnais que l'on doit (dans un article publié dans la revue Les Lettres Nouvelles en 1972) l'élargissement du domaine de la littérature au «troisième secteur»: le premier secteur serait la littérature au sens communément admis, le deuxième ce qu'on appelait alors (depuis les années 1960) la paralittérature, et le troisième engloberait tout ce qui reste en matière d'actes de langage, tout ce qui est écrit et qui ne se vend pas: annuaires, slogans, graffitti, enseignes, tatouages, mode d'emplois, prière d’insérer, ex-voto, épitaphes, plans, menus, assiettes décorées, notules en tout genre.
(Coïncidence, la relever est hélas inutile ici: La création du concept de «troisième secteur» est largement contemporaine de la stabilisation de celui de l'artist's book, le livre de Germano Celant Book as Artwork 1960/1972, paraissant la même année que l'article de François Le Lionnais. A noter que c'est en 1972 également que Perec conçoit la première ébauche de La vie mode d'emploi.)
(Hypothèse 2, inutile ici: Le «troisième secteur» et l'artist's book ignorent ou évacuent la fiction au profit de l'exhaustivité, la narration au profit de l'assertion, l'évolution au profit de la structure, la flèche du temps au profit du cycle.)
Programme (de la collection Re:Pacific): Réinventer la collection littéraire avec le carburant du «troisième secteur».
22h06. Me voilà bien avancé.