Kiki Kogelnik. Les cyborgs ne sont pas respecteuses

David Lemaire, éd.

CHF28.00

En 1961, Kiki Kogelnik quitte son Autriche natale pour s’installer à NewYork. Ce changement de continent s’accompagne d’un changement de style. Ses œuvres toujours plus colorées délaissent l’abstraction pour aborder la question du corps, sous différents angles : social, médical et technologique. De manière critique, elle observe que les corps façonnés par la société de consommation s’en trouvent dénaturés. Ils perdent tout relief, jusqu’à devenir des enveloppes vides et interchangeables.
Les images de mode ont tout aplati, les êtres sont sagement rangés dans le grand dressing de la ville. Ce qui se passe à l’intérieur est tout aussi inquiétant : les organes peuvent être détachés comme des pièces de rechange, et remplacés pour créer des êtres hybrides, plus tout à fait humains, pas entièrement machines : des cyborgs. Les corps peuvent être soignés ou démontés, envoyés dans l’espace ou dispersés sous les bombes ; c’est l’ambivalence du progrès.
Sur la scène artistique du pop art, Kiki Kogelnik obtient une reconnaissance elle aussi ambivalente : elle est saluée comme une égérie de l’avant-garde, sans pour autant que son travail ne rencontre un important succès commercial.
Jusqu’à de récentes redécouvertes en histoire de l’art, le pop art a été considéré comme un mouvement presque exclusivement masculin. Le féminisme discret mais résolu de Kogelnik en faisait une figure marginale. Il convient aujourd’hui de saluer son travail pionnier ; à la fois grave et léger.

Textes de David Lemaire, Sarah Petrucci, Marie Gaitzsch et Jil Gasparina.

Kiki Kogelnik (1935-1997) est une artiste plasticienne, née en Autriche, établie aux États-Unis. Dans les années 1960, sur une scène artistique majoritairement masculine, Kiki Kogelnik n’a cessé d’interroger le corps, alliant le féminisme à la technologie. Née à Bleiburg, elle suit des études d’art à Vienne entre 1954 et 1958. Elle réalise des oeuvres abstraites aux côtés des artistes Maria Lassnig et Arnulf Rainer mais se sent peu en phase avec l’expressionnisme abstrait. Suite notamment à sa rencontre avec Sam Francis, qui lui conseille de s’installer aux États-Unis, elle emménage en 1961 à Santa Monica, puis à New York. Elle y fait la connaissance des figures emblématiques du pop art américain : Roy Lichtenstein, Andy Warhol, Robert Rauschenberg ou encore Claes Oldenburg. Kiki Kogelnik se tourne alors vers la figuration et réalise des peintures, dessins et installations à l’esthétique pop. Fascinée par cette société de consommation désincarnée, elle interroge le corps social, politique et intime en capturant les contours de corps humains.

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Édité par

Textes de

David Lemaire, Sarah Petrucci, Marie Gaitzsch, Jil Gasparina

Graphisme

onlab

Format

17 x 23.5 cm

Pages

164

Genre

Monographie

Collection

Co-édition

Musée des beaux-arts de La Chaux-de-Fonds

ISBN

978-2-940570-97-3

Parution

4 mai 2020

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