Rêves de villes et maisons

Alexandre Loye

CHF24.00

Parution:

novembre 2010

Rêves de villes et maisons est une bande dessinée où Alexandre Loye poursuit son inventaire des sensations. Ici (c’est-à-dire dans ce livre, mais «Ici» est aussi le nom de son personnage principal, émanation du précédent inventaire linogravé de Loye qui portait ce titre en 2008), ici donc, les sensations évoquées sont liées aux maisons. Maisons vues en rêve, dont on se souvient, qu’on a habitées et qui nous habitent.
Les dessins de maison font une part importante des dessins de l’enfance, où ils représentent une phase de la construction graphique de l’image du corps. Pour comprendre la notion d’image du corps, disons simplement qu’il pourrait s’agir d’un lieu imaginaire où corps et langage s’articulent et qu’il naît avec le premier graphisme de l’enfant, à savoir le gribouillis, qui est à la fois le premier dessin et la première écriture, ou, mieux encore, regardons une image de Loye qui vaudra mille explications: le visage du personnage principal (Ici) est constitué d’un contour dans lequel le mot «ici» dessine deux yeux, un nez, et deux rides. Ce livre est donc une «écriture du corps», une fiction qui tient lieu d’autoportrait, comme sont des autoportraits les dessins de maisons de l’enfance et peut-être aussi les rêves de maisons.
«Ici» rêve d’une maison, qui lui en rappelle une autre, un immeuble abandonné dans un paysage alpin (évoquant par la bande un autre rêve: celui de l’urbanisation touristique de son Valais natal). Suivent les évocations d’une cabane d’enfance, de squatts communautaires, d’un tipi qui prend feu, et de maisons abandonnées qu’on réhabilite et dont finalement on est expulsé et qui sont détruites. «Ici» déménage beaucoup, se bat avec les limites de la salubrité, les réparations, et l’eau qui coule du toit, mais surtout avec les prétentions des «autres» sur le lieu qu’il habite. La maison est pour «Ici» un lieu de friction entre l’intimité d’un chez soi et un extérieur social passablement menaçant: juges, avocats, témoins de Jéovah, pelleteuses… On comprend ainsi que pour lui la maison idéale serait celle qu’il serait seul à trouver habitable: «heureux de vivre et d’exister dans un lieu dont personne ne voulait…»

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Auteur(s)

Impression

Couverture en linogravure

Format

21 x 29.7 cm

Pages

44

Poids

133 gr.

Genre

Bande dessinée

Collection

ISBN

978-2-940377-35-0

Parution

novembre 2010

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