À propos
Meyraz se prononce mè-ra et quiconque l’oublie se le fait corriger. C’est peu, comme règle de vie. C’est aussi beaucoup.
Aristocrate bas de gamme, homme à tout faire et à ne rien prouver, Meyraz traverse le monde avec des mains de lingerie fine et un tabagisme quasi constant. Il aime les femmes compliquées, la mer en été, les gants au printemps. Il tient une correspondance abondante et ne recourt au clavier qu’en dernier ressort. Il a des enfants de mères différentes et une façon d’occuper l’espace qui tient du style pur.
Charles Hersperger construit autour de ce personnage une prose à la fois très classique et souterrainement expérimentale, attentive aux forces invisibles qui relient les êtres, aux fulgurances de l’érotisme et aux effondrements discrets. Civilisation Meyraz est une œuvre hors catégorie, hors temps, hors des étiquettes — et qui résiste, dans tous les sens du terme.
La postface d’Alice Bottarelli ouvre le Continent Hersperger : ses structures récurrentes, ses protagonistes hypersensitifs, son humour discret — et l’expérience déraisonnable qu’il fait subir à ses lecteurices.
Charles Hersperger est né à Payerne en 1950. Atteint d’une poliomyélite dans son enfance, cette maladie lui laissera des séquelles importantes et donnera une tournure décisive à sa vie et à ses activités. Fréquentant dans les années septante le cercle de l’écrivain alémanique Ludwig Hohl (1904-1980) à Genève, Hersperger s’est construit à l’aune de cette figure exigeante. Son activité aborde de nombreux champs artistiques. Il a notamment réalisé des films de moyen format, mi-performances mi-documentaires, écrit des scénarios, des pièces de théâtre, des articles sur des artistes, contribué à des revues cinématographiques et s’est aussi intéressé à la musique expérimentale. Mais surtout, il est l’auteur d’un corpus d’une dizaine de textes littéraires écrits entre 2010 et 2020. Des récits proches de la forme de la novella. Sans cultiver un mystère absolu autour de sa personne, il vit aujourd’hui dans un retrait volontaire du monde. Il a confié une partie de ses archives et travaux au Centre des littératures en Suisse romande, par l’intermédiaire de Anne-Lise Delacrétaz et Daniel Maggetti dont il est proche.
Alice Bottarelli est une chercheuse et éditrice passionnée, reconnue pour ses contributions dans le domaine littéraire. Doctorante en études romandes, elle est particulièrement engagée dans l’analyse critique et l’édition de textes oubliés ou méconnus. Collaboratrice ponctuelle au Centre des littératures en Suisse romande (CLSR), elle participe à une revalorisation des œuvres littéraires au travers de préfaces et études introductives. Sa démarche vise à établir des ponts entre passé et présent, entre l’érudition académique et la sensibilité artistique contemporaine. Elle est l’autrice notamment de Les Quatre Sœurs Berger (Prix Georges-Nicole, éd. de l’Aire, 2022) et plus récemment de Donutopia (éd. Verticales, 2026).
Informations
- N° 462
- Auteur·rice·s
- Édition établie par Daniel Maggetti, Jean-Paul Jacot, Véronique Pittori
- Contributions de Alice Bottarelli
- Graphisme Camille Choquard
- Format 11 x 17.5 cm
- Pages 124
- Genre récit
- Mots-clé aristocratie, érotisme, filiation, marginalité
- Collection ShushLarry
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Co-édition
Centre des littératures en Suisse romande (CLSR)
- ISBN 978-2-88964-105-5
- Date de parution 13 octobre 2026
- Prix CHF 16.50







