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Tomas Schunke - art&fiction Thomas Schunke
Me, my Selfies and I 200 x 136 mm, 32 pages
Sonar (hors série), 2014
100 exemplaires
CHF 20 / € 13.5

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En 1989, De La Soul, rappe Me, myself and I. En 2014, Thomas Schunke édite Me, my selfies and I. Entre-temps, facebook voyait le jour et le selfie avec. Devenu une pratique incontournable des adeptes et même des non-adeptes des réseaux sociaux, le selfie c'est l'image de soi que l'on réalise en général à une longueur de bras, lui-même prolongé par un téléphone permettant de se prendre en photo. Si la définition technique du geste est simple, son analyse se révèle bien plus complexe et surtout multiple touchant ainsi à la triple fragmentation du moi. Une manière de questionner nos habitudes de l'autoportrait. Car dans la vie connectée, les images de soi que l'on découvre avec «le livre des visages» s'avèrent non seulement codées mais variées. A travers son texte, l'auteur nous livre des fragments d'expériences vécues avec ses «friends» sur le web qui parfois s'étend dans la vie offline. Il nous offre au passage des clés de déchiffrages pour aborder les nouveaux genres de selfies ou de foodies. Mais comme il s'agit d'images, c'est surtout ses propres visages que nous livre Thomas Schunke, expérimentant au passage la démultiplication du je. Car dans sa famille de selfies, les visages, cachés ou non, s'autorisent de grands écarts poétiques. De la fourmi, au chimpanzé, de la seiche au carpaccio de betteraves, du pissenlit à la tranche de pain, les glissements sont nombreux et l'humour toujours présent. Et si l'image de soi substitue le «on est là!» au langage, on le comprend bien à travers Me, my selfies and I que tout est dans l'art et la manière du détournement pour le dire et le montrer!